Optimiser ouverture du col : quelle position choisir pour favoriser l’expulsion ?

Qu’on le veuille ou non, le corps médical garde parfois la main lourde sur les protocoles : la position allongée continue d’être imposée dans certains services alors même que l’OMS recommande tout l’inverse. Or, il suffit d’adopter une posture verticale pour que le travail s’accélère nettement, parfois de plusieurs heures, avec à la clé une réduction des besoins en anesthésie. Pourtant, d’une maternité à l’autre, les pratiques restent disparates et perdent de vue l’essentiel : la recherche clinique a déjà tranché en faveur du mouvement.

Angle du bassin, gravité, mobilité du sacrum… Ces facteurs pèsent lourd dans la balance de la progression du travail. Le choix de la position ne joue pas seulement sur la mécanique : il agit aussi sur la sensation de douleur et sur le ressenti global au fil de l’accouchement.

Comprendre l’ouverture du col : pourquoi la position compte vraiment

La dilatation du col de l’utérus tient un rôle central dans le processus d’accouchement. Sous l’effet des contractions, le col s’élargit de quelques millimètres à 10 centimètres, offrant enfin le passage à la tête du bébé. Trois phases se succèdent : la phase de latence (jusqu’à 4 cm), la phase active (de 4 à 10 cm) puis la phase de transition, moment où les contractions se rapprochent et gagnent en intensité.

La posture adoptée a un impact direct sur la vitesse et la qualité de la dilatation. Debout, assise, accroupie… À chaque position, la pression de la tête du bébé sur le col varie, ce qui favorise à la fois l’effacement et l’ouverture du col. La gravité n’est pas qu’un principe physique : elle soutient la descente du bébé et stimule l’ocytocine, cette hormone qui fait avancer le travail.

La détente du corps compte tout autant. Plus la future mère parvient à se relaxer, grâce à un massage, de la sophrologie ou pourquoi pas l’autohypnose, plus l’ocytocine est sécrétée. À l’inverse, le stress agit comme un frein et ralentit l’ouverture du col. Voici quelques leviers concrets pour favoriser le relâchement :

  • Massage : il favorise la détente et la maturation du col.
  • Visualisation positive : elle encourage la relaxation, donc la dilatation.
  • Bain chaud : il aide à gérer la douleur et soutient la progression du travail.

La sage-femme joue un rôle clé pour guider la future mère, en tenant compte de la morphologie, du confort et du ressenti. Bouger, marcher, changer de posture ou mobiliser le bassin sont tout sauf accessoires : ces ajustements peuvent accélérer le processus, à condition de rester à l’écoute de son corps.

Quelles positions soulagent la douleur pendant l’accouchement ?

Aucune naissance ne ressemble à une autre, mais certaines positions s’imposent pour atténuer la douleur et accompagner la descente du bébé. Les postures verticales, souvent recommandées par les sages-femmes, exploitent la gravité à plein régime : en position debout ou en marchant, la progression du col s’accélère, le bassin reste mobile. Dans le cocon de la maison ou à l’hôpital, s’appuyer sur le lit ou sur un partenaire permet d’alterner phases de mouvement et moments de repos, tout en gardant la main sur le rythme des contractions.

La position accroupie libère de l’espace au niveau du bassin, ce qui facilite l’expulsion tout en préservant la colonne vertébrale. Ballon de grossesse ou chaise peuvent servir de support, soulageant le dos et élargissant l’ouverture pelvienne. Assise sur un ballon, la femme enceinte peut faire des bascules ou des cercles de bassin : ces gestes simples encouragent la descente du bébé et allègent la pression sur les lombaires.

La position à quatre pattes répartit le poids, diminue la tension au niveau du périnée et contribue à réorienter le bébé. Quant à la position allongée sur le côté, elle devient précieuse lors des coups de fatigue ou si un monitoring s’impose, permettant de récupérer sans compromettre l’oxygénation du bébé.

Voici les postures fréquemment adoptées pour alléger la douleur et soutenir la progression :

  • Position debout ou en suspension : elle met la gravité à profit et libère le bassin.
  • Ballon de grossesse : il mobilise le bassin et soulage le dos.
  • À quatre pattes : cette posture diminue la pression sur le bassin et favorise le confort.
  • Allongée sur le côté : elle permet de se reposer et de préserver la circulation sanguine.

Changer régulièrement de position, adapter ses mouvements au fil des contractions, voilà ce qui aide à mieux gérer la douleur et à accompagner chaque étape du travail.

Mobilité du bassin et gravité : les alliées insoupçonnées de l’expulsion

Le mouvement du bassin n’est pas anodin : la mobilité pelvienne façonne l’espace disponible pour la tête du fœtus lors de la descente. Bascule du bassin, cercles effectués debout, accroupie ou sur un ballon : ces gestes dynamisent le plancher pelvien et facilitent l’engagement du bébé. Les sages-femmes recommandent d’alterner ces mouvements pour accompagner l’adaptation du bassin à la progression du bébé et optimiser l’ouverture du col.

La gravité agit aussi comme un levier précieux : lorsque la mère adopte une position verticale, la tête du bébé appuie de façon continue sur le col, ce qui accélère la dilatation. Marcher ou se suspendre à une corde combine deux effets : soulager le dos et encourager la descente du bébé. Des gestes comme la danse ou le balancement des hanches, souvent proposés en phase active, facilitent également la rotation du bébé.

Pour illustrer, les postures suivantes mettent en avant la mobilité et la gravité :

  • Position debout : elle exploite la gravité et libère les articulations sacro-iliaques.
  • Position accroupie : elle agrandit l’ouverture pelvienne et accélère la sortie.
  • Ballon de grossesse : il soutient la mobilité et protège le dos.

En répétant ces gestes au fil des contractions, la future mère peut adapter l’espace du bassin en fonction de la progression. Tout l’enjeu est de trouver le mouvement qui colle à sa physiologie, sous l’œil avisé du professionnel de santé.

Sagefemme montrant position à quatre pattes à une femme enceinte

Quand et comment adapter sa position : l’importance d’être accompagnée par des professionnels

Changer de posture ne relève pas d’un simple choix de confort : la progression du travail s’accélère souvent dès lors que la femme enceinte bénéficie de l’accompagnement d’une sage-femme ou d’un médecin sensibilisés à la physiologie de la naissance. Dès le début, ces professionnels évaluent chaque situation et suggèrent des ajustements selon la phase, latence, active ou transition, et l’intensité des contractions.

La diversité des positions disponibles est une ressource à exploiter : debout, à quatre pattes, accroupie, sur un ballon ou sur le côté. On constate sur le terrain que varier de posture toutes les 30 à 60 minutes, en restant à l’écoute de son corps, favorise la progression du bébé dans le bassin et aide au relâchement du col. Le partenaire ou l’accompagnant n’est pas là uniquement pour rassurer : il participe aux changements de position, encourage le mouvement et contribue à apaiser les tensions.

Les recommandations sont nettes : il vaut mieux éviter la position allongée sur le dos, qui ralentit la descente du bébé et peut provoquer des malaises. Les postures qui respectent la physiologie de la femme et font appel à la gravité sont à privilégier. Certaines applications, comme May ou Heloa, proposent un accompagnement personnalisé et un suivi à distance avec des sages-femmes. Celles et ceux qui s’inspirent de figures comme Bernadette de Gasquet ou Ina May Gaskin insistent toujours sur le même point : l’écoute du corps reste la meilleure boussole. Chaque accouchement suit son propre rythme, et la posture gagnante sera toujours celle qui s’adapte, sur-mesure, au vécu de la mère.

Quand chaque geste compte, chaque position choisie ouvre le champ des possibles. Le chemin vers la naissance se dessine alors, pas à pas, posture après posture, selon les besoins et les sensations du moment.

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